Octobre Rose. Une rencontre pas comme les autres.

Octobre Rose. Une rencontre pas comme les autres.

Octobre Rose. Hasard du calendrier ? 

Cette semaine dans le train pour Paris, j’ai croisé Aurore.

Je ne la connaissais pas, mais nous avons commencé à papoter…de tout et de rien, du moins au début !
Je prends le train depuis toute petite et parfois, le temps d’un trajet, je découvre des personnes incroyables que je n’aurais jamais eu l’occasion de croiser autrement.
Je lui demande si comme moi, elle va à Paris pour le travail. Elle me répond qu’elle a un rendez-vous médical important.

Au fil de la discussion, j’apprends qu’elle souffre d’un cancer du sein. Et là, D’un coup, mon cœur se serre.

 Cancer du sein

Je retiens mes larmes, pour ne pas lui montrer mon émotion à cette annonce.

Je retiens mes larmes car ma réaction me semble déplacée. Je la connais depuis quelques minutes seulement et ce n’est pas moi qui souffre, c’est elle. Ce n’est pas à moi de pleurer !

Pourtant je retiens mes larmes. Je retiens mes larmes car ma colère monte. Encore une femme touchée par cette satanée maladie.

Je retiens mes larmes car ma tante est décédée quelques jours plus tôt d’un cancer du sein après des années de bataille. L’histoire d’Aurore me renvoie cet événement en pleine face.

Je retiens mes larmes car c’est trop, trop de femmes autour de moi sont touchées par cette maladie, beaucoup trop jeunes.

 

Et puis nous continuons la discussion… Aurore me parle de son parcours, de ses difficultés, de ses peurs, de ses doutes…

Le plus dur pour elle, ce sont les réactions de ses proches, c’est le regard des autres, les personnes qu’elle ne voit plus.

Au moment où elle avait le plus besoin de soutien, elle s’est sentie d’abord jugée et ensuite extrêmement seule.

 

Alors j’ose lui dire que ce n’est pas évident de trouver les bons mots quand un proche est atteint de la maladie. Je lui avoue que je pense souvent à certaines personnes mais que par peur de ne pas avoir les mots justes, je ne leur dis pas.

 

Je n’ai jamais pris le temps de dire que je pense à elles, leur dire à quel point je suis fière d’elles, leur dire qu’elles m’impressionnent par leur force, que je crois en elles, leur dire à quel point je suis admirative !

J’ose aussi lui demander ce que je n’aurais jamais osé demander aux personnes autour de moi :

Qu’aurais-tu aimé que tes proches te disent pour te soutenir ?

Elle répond alors sans hésiter :

« Si tu as besoin d’en parler, je suis là. Si tu veux parler d’autre chose, je suis là aussi. Je pense à toi. »

Je trouve ces mots si simples et si beau à la fois. Je garde son conseil précieusement, comme une leçon de vie.

En plus du cancer, les femmes doivent se battre aussi pour maintenir un lien avec les autres. C’est une double bataille.

 

Nous arrivons à Paris Montparnasse, je la quitte et laisse enfin couler mes larmes, le long du quai de la gare…

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